Une chronique de John Stossel, publiée le 26 août 2026 dans The Epoch Times et relayée par plusieurs médias américains, documente le recul de plusieurs gouvernements européens sur l’objectif de « zéro émission nette ». L’article cite l’auteur de The Moral Case for Fossil Fuels sur les coupures d’électricité en Espagne, la surmortalité liée à la canicule de juin, et le silence des dirigeants technologiques sur leurs engagements climatiques abandonnés. Ce constat rejoint un mécanisme déjà documenté par EV60 dans plusieurs dossiers : une politique verte vendue comme nécessaire, dont le coût retombe sur les citoyens pendant que ses promoteurs s’en désengagent discrètement.
Point de départ
L’objectif du zéro émission nette d’ici 2050, porté notamment par Joe Biden et les dirigeants européens, reposait sur un principe simple : réduire les émissions de CO₂ jusqu’à ce qu’elles soient compensées par l’absorption naturelle du carbone. L’Espagne et l’Allemagne ont investi massivement dans les renouvelables et revendiqué une électricité majoritairement verte.
Le point de rupture tient à deux événements concrets, vérifiés indépendamment par EV60 auprès de sources institutionnelles :
une panne généralisée du réseau électrique ibérique le 28 avril 2025, dont le rétablissement complet a nécessité entre 12 et 20 heures selon les régions (rapport factuel de l’ENTSO-E, gestionnaire européen des réseaux de transport, publié le 3 octobre 2025 ; retour d’expérience de RTE) ;
une vague de chaleur fin juin 2026 associée à plus de 10 000 décès en excès en Europe, dont plus de 9 000 chez les personnes de 65 ans et plus (données EuroMOMO, réseau couvrant 27 pays, adossé au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies). EuroMOMO ne détaille pas les décès pays par pays, mais classe la France et la Belgique comme les deux seuls pays à afficher une surmortalité « très élevée » sur la semaine du 22 au 28 juin — un niveau inédit en Belgique depuis le début des relevés en 2000, selon l’institut Sciensano. Les températures ont par ailleurs battu des records en France, en Espagne et au Royaume-Uni.
La climatisation reste le principal outil structurel de prévention contre la mortalité liée à la chaleur — c’est l’argument central de l’article original. L’hydratation constitue, en complément, la mesure active la plus immédiate. Or l’écart d’équipement entre pays reste considérable : une analyse du World Resources Institute portant sur 854 villes situe le taux européen à 19 % des foyers, contre 76 % en Amérique du Nord. En France, le taux progresse — 28 % des maisons individuelles climatisées au premier semestre 2026, contre 14 % en 2016 — mais reste très inégal selon les régions : 67 % dans les Pyrénées-Orientales, moins de 15 % en Île-de-France (données Hello Watt).
La canicule de fin juin a relancé en France le débat sur l’équipement des bâtiments publics en climatisation, porté notamment par le président du groupe UDR Éric Ciotti à l’Assemblée nationale. Concrètement, le budget a bougé dans le sens inverse de l’urgence affichée. Le Fonds vert, qui finance notamment l’isolation thermique des bâtiments scolaires (un tiers de ses dossiers, selon un rapport du Sénat), est passé de 2,5 milliards d’euros en 2024 à environ 834 millions en 2026 — une division par trois en deux exercices budgétaires. Une proposition de loi pour rendre la climatisation obligatoire dans les écoles, hôpitaux et Ehpad a été déposée fin juin, sans être votée à ce stade. Sur la même période, plus de 8 000 établissements scolaires ont été touchés par la chaleur, dont environ 1 800 fermés (ministère de l’Éducation nationale).
Au Royaume-Uni, la logique s’est inversée. The Telegraph a recensé plusieurs cas où des conseils municipaux ont ordonné à des propriétaires de démonter leur climatiseur, au nom d’une politique de « hiérarchie du refroidissement » calquée sur le plan climat de Londres — y compris pendant une vague de chaleur à 40°C.
Ce que raconte le référent — et ce que montre le dossier EV60
L’auteur avance un argument technique précis : un réseau électrique doit être dimensionné pour ses pires jours, pas pour sa moyenne. Quand le vent ne souffle pas ou que le soleil ne brille pas, il faut une production de secours fiable. C’est ce déficit de pilotabilité, plus que le coût des panneaux solaires ou des batteries, qui expliquerait la fragilité du réseau espagnol.
Ce constat n’est pas isolé : EV60 l’a déjà documenté ailleurs, sous une forme différente à chaque fois. Le dossier Carbon à Fos-sur-Mer racontait comment une gigafactory solaire avait été financée sur la foi d’un objectif européen non contraignant — 40 % de production européenne d’ici 2030 — pris à tort pour une garantie de marché.
« Un objectif de politique industrielle n’est pas un bon de commande. »
— Carbon à Fos-sur-Mer : le même film
Le dossier transition automobile décrivait le même écart entre promesse et réalité, à l’échelle d’une filière entière : des malus records et une interdiction de publicité censés accélérer la transition, sans les investissements industriels qui auraient dû suivre.
« La transition automobile en France ne fonctionne pas. Pire : elle aggrave les problèmes qu’elle prétend résoudre. »
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Le troisième cas touche directement au foncier des ménages.
« Le ZAN n’est pas une obligation européenne : c’est un choix français. »
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La France est allée au-delà des orientations européennes sans consulter les citoyens sur ce choix précis.
L’écart
Ces quatre dossiers partagent la même mécanique : une politique climatique présentée comme une nécessité non négociable — pour le réseau électrique, l’industrie solaire, l’automobile, le foncier — pendant que les acteurs qui l’ont portée (gouvernements, entreprises technologiques, promoteurs industriels) gardaient la possibilité de revenir en arrière sans en supporter le coût initial.
Stossel documente ce recul chez les entreprises technologiques, à des degrés différents. Microsoft avait promis d’être carbone négatif d’ici 2030 ; ses émissions ont depuis augmenté, sans qu’aucune explication n’ait été donnée publiquement. Chez Google, l’engagement de fonctionner uniquement à l’énergie décarbonée d’ici 2030 a simplement disparu du site de l’entreprise — personne n’a annoncé son abandon. Bill Gates va plus loin : l’auteur du livre sur la « catastrophe climatique » défend aujourd’hui l’idée que le succès climatique devrait se mesurer à l’impact sur le bien-être humain, plutôt qu’à la seule température mondiale.
Aucun de ces dirigeants n’a reconnu s’être trompé, selon l’auteur cité par Stossel. Les engagements ont simplement disparu des communications, sans explication adressée aux citoyens ou aux investisseurs qui s’étaient positionnés en fonction de ces promesses.
Mise en perspective
Ce mécanisme rappelle celui déjà identifié dans le dossier Carbon : une « légitimation en cascade », où chaque validation institutionnelle rassure la suivante, jusqu’à ce que des particuliers investissent — 2 393 obligataires pour 3 millions d’euros dans le cas de Carbon — sur la foi d’un objectif politique non contraignant. Le zéro émission nette a fonctionné selon la même logique à l’échelle macroéconomique : des ménages ont absorbé des hausses de coûts énergétiques, des malus automobiles ou des restrictions foncières au nom d’un objectif que ses promoteurs eux-mêmes ne considèrent plus comme intangible.
Pistes de réflexion
Quelle part des coûts de la transition climatique a été supportée par les ménages plutôt que par les entreprises qui avaient pris les engagements les plus visibles ?
Un objectif climatique non contraignant (européen ou d’entreprise) devrait-il pouvoir justifier des contraintes nationales contraignantes, comme dans le cas du ZAN ?
Existe-t-il un mécanisme de responsabilité, même réputationnel, pour les dirigeants qui abandonnent silencieusement un engagement climatique public ?
Conclusion
Le recul observé aux États-Unis et en Europe porte sur la méthode choisie pour y répondre. Dans les quatre dossiers examinés, le schéma se répète : une promesse portée par des institutions ou des entreprises, un coût transféré aux citoyens ou aux petits investisseurs, puis un retrait silencieux au moment où la promesse devient trop coûteuse à tenir.
Sources
John Stossel, « Ditching Net Zero », The Epoch Times, 26 août 2026 — https://www.theepochtimes.com/opinion/ditching-net-zero-6080422
ENTSO-E, Factual Report on the Grid Incident in Spain and Portugal on 28 April 2025, 3 octobre 2025
RTE, FAQ black-out du 28 avril 2025 sur la péninsule ibérique (mise à jour du 25 mars 2026) — https://www.rte-france.com/actualites/foire-questions-black-out-28-avril-2025-sur-peninsule-iberique
EuroMOMO (réseau adossé à l’ECDC), données de surmortalité par pays, canicule de fin juin 2026 ; Sciensano (institut de santé publique belge)
World Resources Institute, A Warming Europe and the Air Conditioning Dilemma, analyse portant sur 854 villes européennes
Hello Watt, données d’équipement en climatisation par département, France, juin 2026
Sénat, rapport sur le Fonds vert (projet de loi de finances 2026) ; ministère de l’Éducation nationale, bilan des établissements touchés par la canicule de juin 2026
The Telegraph, enquête sur les ordres de démontage de climatiseurs au Royaume-Uni, juin 2026
EV60 — Malus et interdictions : comment la France sabote son industrie automobile sans sauver la planète
EV60 — Le saviez-vous ? La loi Climat et résilience organise la raréfaction des terrains constructibles
À retenir
Le rétablissement complet du réseau électrique ibérique après la panne du 28 avril 2025 a demandé entre 12 et 20 heures selon les régions (ENTSO-E, RTE).
La canicule de fin juin 2026 a causé plus de 10 000 décès en excès en Europe, dont plus de 9 000 chez les 65 ans et plus (EuroMOMO) — la France et la Belgique étant les deux seuls pays classés en surmortalité « très élevée ».
La climatisation reste l’outil structurel de référence contre la mortalité liée à la chaleur, aux côtés de l’hydratation comme mesure active immédiate. La France reste sous-équipée (28 % des maisons individuelles, contre 67 % dans les Pyrénées-Orientales et moins de 15 % en Île-de-France).
Le Fonds vert, qui finance l’isolation des écoles, a été divisé par trois entre 2024 et 2026 (2,5 milliards → 834 millions d’euros), pendant que plus de 1 800 écoles fermaient à cause de la chaleur. Au Royaume-Uni, à l’inverse, des conseils municipaux ont fait retirer des climatiseurs installés.
Microsoft, Google et Bill Gates ont chacun retiré ou révisé un engagement climatique public sans reconnaissance explicite.
EV60 a documenté le même écart entre objectif politique et garantie réelle dans trois dossiers distincts : automobile, industrie solaire (Carbon), foncier (ZAN).
Pour aller plus loin
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— André Francis
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