Carbon à Fos-sur-Mer : le même film, le même scénario, le même échec
Une gigafactory solaire labellisée "intérêt national majeur", 250 millions d'euros publics engagés, 2 393 épargnants mobilisés.
Une gigafactory de panneaux solaires, 1,5 milliard d’euros d’investissement annoncé, 3 000 emplois promis, un label “projet d’intérêt national majeur” apposé par l’État. Le 19 mai 2026, Carbon annonce l’arrêt définitif du projet. L’entreprise est en liquidation judiciaire depuis le 13 mai. Ce n’est pas un accident industriel isolé. C’est le troisième acte d’un scénario que la France rejoue régulièrement : financer massivement une réponse industrielle sans s’assurer que le terrain — réglementaire, commercial, politique — est sécurisé avant de poser la première pierre.
Point de départ
Carbon est fondée en 2022 à Lyon par quatre acteurs du secteur. Pierre-Emmanuel Martin, président-fondateur, entrepreneur lyonnais dans les énergies renouvelables, également président-fondateur du groupe Terre et Lac. Pascal Richard, cofondateur, pionnier du solaire en France et ancien fondateur de SMA France. Laurent Pélissier, dirigeant d’ECM Technologies (Grenoble), fabricant mondial de fours industriels pour la filière photovoltaïque.
Gaëtan Masson, directeur du Becquerel Institute et membre de l’European Solar Manufacturing Council. Le projet : construire à Fos-sur-Mer la plus grande usine de panneaux solaires d’Europe, intégrant toute la chaîne de valeur — du silicium au module fini. Capacité visée : 5 GW de cellules et 3,5 GW de modules par an, soit 10 millions de panneaux, de quoi couvrir les besoins d’un million de foyers.
Le contexte semble porteur. La guerre en Ukraine accélère les discours sur la souveraineté énergétique. Le Net Zero Industry Act européen (NZIA), adopté en 2024, fixe un objectif : 40 % des panneaux solaires installés en Europe devront y être produits d’ici 2030. En juin 2023, Rodolphe Saadé, PDG de CMA CGM, annonce l’investissement de son Fonds Énergies dans Carbon — en présence d’Emmanuel Macron au port de Marseille-Fos. Le signal politique est maximal.
En avril 2025, Carbon obtient son permis de construire — le premier d’une gigafactory photovoltaïque en France à disposer de l’ensemble des autorisations réglementaires. La levée de fonds citoyenne via Enerfip réunit 3 millions d’euros en trois semaines, auprès de 2 393 investisseurs particuliers attirés par un taux à 8,5 %.
Dix-neuf mois plus tard, c’est terminé.
Ce que racontent les médias
La narration dominante autour de l’abandon de Carbon est celle de la victime du système : une entreprise française courageuse, trahie par une Europe incapable de protéger son marché.
Maritima.fr, 19 mai 2026 — “Le projet géant de giga-usine Carbon officiellement abandonné” : le traitement est local et émotionnel — les 3 000 emplois perdus pour le bassin de l’Étang de Berre, le maire de Fos qui déclare “je n’y croyais pas trop”. Le mécanisme structurel est absent.
Mac4ever, 22 mai 2026 — “Carbon enterre son projet de giga-usine solaire à Fos-sur-Mer” : le résumé est honnête sur le fond — “l’Europe répète depuis des années qu’elle veut sa souveraineté industrielle, et puis quand un industriel se lance vraiment, elle légifère dans l’autre sens”. Mais le texte ne pose pas la question des conditions préalables à l’investissement.
100-transitions.fr, 21 mai 2026 — l’article le plus précis sur la structure financière : “Sur un besoin global de 1,5 milliard d’euros, environ 250 millions étaient sécurisés début 2026 via l’État et la région.” Ce chiffre, central, est absent des autres traitements.
Ce que la couverture médiatique évite systématiquement : la question du timing. La dépendance européenne au solaire chinois était documentée et chiffrée avant 2022. La décision d’investir sans garantie politique préalable sur le cadre de marché n’est pas interrogée.
Le cadrage
Le vocabulaire employé autour de l’abandon de Carbon reproduit un cadrage désormais familier : “marché insuffisamment mature”, “concurrence déloyale”, “manque de visibilité réglementaire”. Ces formules dépolitisent le problème. Elles le présentent comme un aléa exogène — le comportement de la Chine, les lenteurs de Bruxelles — et non comme le résultat d’une décision d’investir sans avoir préalablement sécurisé les conditions de viabilité.
Résultat : la responsabilité se dilue entre l’UE, les investisseurs privés absents, et la Chine. L’État français, qui a labellisé le projet “d’intérêt national majeur” et engagé 250 millions de subventions publiques, n’est pas au centre de l’analyse.
Mécanismes d’influence
La caution politique de haut niveau. L’annonce de CMA CGM faite en présence d’Emmanuel Macron, le label “projet d’intérêt national majeur”, la présence de Carbon au sommet Choose France deux années consécutives : ces signaux institutionnels fonctionnent comme des preuves sociales — le même mécanisme qu’avec les trois ministres à l’inauguration d’Ynsect en 2021. Ils créent une logique de validation circulaire où scepticisme devient politiquement indécent.
L’objectif réglementaire comme substitut au marché. Le NZIA fixait un objectif de 40 % de production européenne d’ici 2030. Cet objectif a été lu comme une garantie de marché. Ce n’en était pas une : un objectif de politique énergétique n’est pas un engagement d’achat. La différence entre les deux est précisément ce que les décisions d’investissement auraient dû évaluer.
La levée citoyenne comme signal de légitimité. 3 millions d’euros levés auprès de 2 393 particuliers à 8,5 % d’intérêt annuel. Sur 1,5 milliard nécessaires, cela représente 0,2 %. La fonction réelle de cette opération n’était pas financière : elle créait une communauté d’investisseurs-citoyens, transformant un projet industriel en cause collective. En cas de liquidation judiciaire confirmée, ces 2 393 obligataires sont créanciers chirographaires — c’est-à-dire non garantis, remboursés après les salariés, le Trésor et les créanciers garantis. Enerfip a déclaré les créances pour le compte des investisseurs, mais aucun taux de récupération n’a été officiellement publié à ce stade.
Ce que montrent les faits
La domination chinoise : connue, documentée, ignorée
La situation sur le marché mondial du photovoltaïque n’était pas une surprise en 2022.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la Chine contrôle aujourd’hui plus de 80 % de chaque étape de la fabrication des panneaux solaires au niveau mondial. La Chine a investi plus de 50 milliards de dollars dans de nouvelles capacités de production photovoltaïque depuis 2011 — dix fois plus que l’ensemble de l’Europe sur la même période.
En 2018, l’Union européenne avait supprimé les mesures antidumping instaurées depuis 2013 sur les panneaux solaires chinois. Selon l’Institut Thomas More, entre 2018 et 2024, les importations de panneaux chinois dans l’UE sont passées de 5,5 milliards d’euros à plus de 20 milliards d’euros. En 2024, 98 % des panneaux solaires importés en Europe étaient chinois.
En 2024, les États-Unis ont imposé des droits de douane allant jusqu’à 50 % sur les produits solaires chinois. Conséquence directe : la Chine a redirigé son surplus de production vers l’Europe, aggravant la pression sur les prix. Cette dynamique était prévisible dès 2022.
Carbon a commencé à construire son projet dans ce contexte, avec pour seule protection un objectif de politique industrielle européenne non contraignant.
La structure financière : un château de cartes
Le plan de financement de Carbon reposait sur 1,5 à 1,7 milliard d’euros répartis ainsi : la moitié en dette bancaire, un quart en subventions publiques (400 millions visés), et 400 millions en fonds propres privés.
À début 2026, selon Décideurs Magazine, 250 millions seulement étaient sécurisés via l’État et la Région Sud — sur les 400 millions de subventions attendues. Les 400 millions d’equity privé et les 600 millions de dette n’avaient pas été levés.
Dès juillet 2024, un article de Lyon Décideurs signalait que deux banques d’affaires mandatées pour la levée de fonds privés avaient “fait choux blanc”. Les levées annoncées pour le printemps, l’été, puis la fin 2023 ne s’étaient pas matérialisées.
En clair : le projet a progressé pendant trois ans — permis de construire, autorisations environnementales, levée citoyenne — sans que la majorité du financement privé soit sécurisée.
Le volet actionnaires : un modèle désormais familier
Carbon est une entreprise française, fondée par des entrepreneurs français, soutenue par des fonds publics français. Mais la structure de son capital privé mérite attention.
L’actionnaire industriel notable est CMA CGM — groupe maritime fondé à Marseille par la famille Saadé. L’investissement a été annoncé en grande pompe en présence du chef de l’État. CMA CGM intervient via son fonds PULSE (anciennement Fonds Énergies), doté de 1,5 milliard d’euros sur cinq ans pour la décarbonation du groupe. En 2023, ce fonds avait engagé 453 millions d’euros sur 40 projets, dont Carbon fait partie. Le montant exact alloué spécifiquement à Carbon n’a jamais été rendu public.
Au-delà de CMA CGM, les actionnaires fondateurs de Carbon ne sont pas détaillés dans les documents publics accessibles. Ce point est central : si Carbon avait atteint la production et la rentabilité, vers qui les bénéfices auraient-ils remonté ? La question n’a pas été posée publiquement.
Ce schéma n’est pas propre à Carbon. Dans notre décryptage sur Ynsect, nous avions documenté le même mécanisme : “L’infrastructure était française, l’argent public était français — mais le capital était majoritairement étranger (Londres, Los Angeles, Hong Kong, Singapour, Amsterdam). Aucun dividende n’a jamais été versé.” Dans le cas de Seqens — l’usine de paracétamol censée reconstruire la souveraineté pharmaceutique française, analysée dans notre décryptage sur le Made in France — le groupe est détenu majoritairement par SK Capital, fonds d’investissement américain. L’État subventionne la construction, les profits conditionnels remontent à l’étranger.
Carbon n’a produit aucun panneau, aucun dividende. Mais la question de la destination des bénéfices éventuels reste posée pour tout projet industriel “national” financé à crédit public.
L’écart
Avec Ynsect : deux mécanismes d’échec, une même absence
Ynsect a construit une réponse technologique à une demande qui n’existait pas. Le “facteur dégoût” et l’écart de prix entre farine d’insectes et farine de soja étaient documentés avant le lancement de la giga-usine de Poulainville. Comme nous l’écrivions : “Vouloir croire n’est pas une méthode. C’est une posture.”
Carbon a construit une réponse industrielle à une demande qui, elle, existe réellement — le solaire explose en Europe. Mais l’entreprise a investi sans avoir préalablement sécurisé la condition sine qua non de sa survie : un marché protégé de la concurrence chinoise. Ce n’est pas un oubli. C’est un pari conscient sur la décision politique européenne — un pari qui a perdu.
La différence est de taille. Ynsect a ignoré les signaux de marché. Carbon a parié sur les signaux politiques. Dans les deux cas, l’argent public a suivi le récit, pas l’analyse de risque.
Avec le Made in France : le même aveuglement sur la chaîne de valeur
Dans notre décryptage sur l’étiquette “Made in France”, nous posions cette question : “À quel niveau de la chaîne de valeur la France contrôle-t-elle ce qu’elle prétend fabriquer ?” Carbon y répondait par l’ambition : intégrer verticalement l’ensemble de la chaîne, du silicium au module. C’est précisément pour cela que le projet était crédible industriellement.
Mais cette ambition se heurtait à la même réalité que celle décrite dans l’article : la Chine contrôle 80 % de l’approvisionnement mondial en polysilicium. Sans protection tarifaire, construire une chaîne intégrée en France revenait à produire des panneaux à un coût structurellement supérieur aux importations chinoises — sur un marché européen sans obligation d’achat “Made in Europe”.
Effets sur la perception
Trois effets cognitifs ont entretenu le récit autour de Carbon jusqu’à l’abandon.
L’effet de légitimation en cascade. Chaque validation — CMA CGM, Choose France, label national majeur, permis de construire — rassurait le suivant. L’investisseur particulier qui a mis ses économies sur Enerfip à 8,5 % l’a fait parce que l’État, Macron et un grand groupe privé avaient déjà validé. Il n’avait pas accès aux données sur le financement privé non bouclé.
La confusion objectif / garantie. Le NZIA et ses 40 % de production européenne en 2030 ont été lus comme un engagement de marché. Un objectif de politique industrielle n’est pas un bon de commande. La nuance n’a jamais été explicitée dans les communications officielles autour du projet.
Le biais du symbole. Carbon incarnait un récit puissant : la réindustrialisation verte, la souveraineté énergétique, le retour du “Made in France” dans un secteur stratégique. Ce récit a rendu la critique structurelle politiquement malcommode. Douter de Carbon revenait à douter de la réindustrialisation. Le symbole a précédé et protégé le projet.
Mise en perspective
Carbon n’est pas un cas isolé en Europe. Meyer Burger, fabricant suisse de panneaux solaires, avait rouvert une usine à Freiberg (Allemagne) en 2021 — avant de fermer la ligne de production en 2024, sous la même pression des prix chinois. Systovi, le fabricant nantais de panneaux, a traversé les mêmes difficultés. HoloSolis, l’autre projet français de gigafactory solaire, implanté à Hambach en Moselle sur le site de l’ancienne usine Ford, suit une trajectoire différente — mais pas sans accrocs. Plus de 220 millions d’euros ont été sécurisés en novembre 2025 sur un coût total estimé à 850 millions. Le projet n’est pas en liquidation. Mais le calendrier initial prévoyait une production dès mi-2025 : elle est désormais attendue pour 2027, soit deux ans de glissement. La construction ne doit débuter qu’en 2026. HoloSolis reste en vie — mais dans une zone de vigilance, pas de confort.
La comparaison avec les États-Unis est instructive. Washington a répondu à la domination chinoise sur le solaire par l’Inflation Reduction Act (IRA, 2022) : des droits de douane allant jusqu’à 50 % sur les importations solaires chinoises, combinés à des crédits d’impôt massifs pour la production domestique. La protection de marché a précédé l’investissement industriel. En Europe, c’est l’inverse : les investissements ont précédé la protection, qui n’est jamais venue.
Pistes de réflexion
La condition préalable à l’investissement public. Peut-on légitimement financer avec de l’argent public un projet industriel dont la viabilité dépend entièrement d’une décision politique européenne non encore prise ? Qui évalue ce risque, et selon quels critères ?
Le label “intérêt national majeur”. Ce label crée une attente auprès des investisseurs et des citoyens. Quel est son contenu réel en termes d’engagement de l’État ? Quelle est sa responsabilité lorsque le projet échoue ?
La transparence sur la structure du capital. Qui détenait Carbon ? Qui aurait capté les bénéfices en cas de succès ? Ces informations devraient-elles être publiques lorsque des subventions d’État sont engagées ?
Le sort des 2 393 investisseurs citoyens. Ces particuliers ont placé de l’épargne sur des obligations à 8,5 % dans un projet en liquidation. Qui leur a communiqué le risque réel — notamment l’absence de financement privé bouclé ? La levée citoyenne a-t-elle été utilisée comme outil de légitimité plus que comme outil financier ?
L’écart entre objectif et garantie. Comment éviter que des objectifs de politique industrielle non contraignants soient interprétés comme des garanties de marché par les investisseurs ? Quelle est la responsabilité des pouvoirs publics dans cette confusion ?
Le coût d’opportunité. 250 millions d’euros de subventions publiques engagées sur un projet dont la condition de survie — la protection commerciale — n’était pas acquise. Quels autres projets industriels à demande établie ont été écartés ou sous-financés pendant cette période ?
La cohérence de la politique commerciale européenne. L’Industry Acceleration Act de mars 2026 a élargi le label “Made in Europe” à la Turquie, au Vietnam et à l’Inde. Cette décision a été prise pendant que Carbon attendait une protection du marché. Qui a arbitré, et sur quelle base ?
Conclusion
Carbon, Ynsect, Seqens : trois projets différents, trois secteurs différents, trois mécanismes d’échec distincts — mais un seul pattern commun. L’État finance des réponses industrielles ambitieuses sans s’assurer que les conditions de leur viabilité — la demande, le prix, la protection de marché — sont établies avant d’engager l’argent public.
Dans le cas de Carbon, la demande existait. La technologie était crédible. L’équipe était compétente. Ce qui manquait, c’est que personne n’avait sécurisé la condition fondamentale : un cadre commercial européen qui empêche les panneaux chinois, subventionnés à grande échelle par l’État chinois, d’écraser les prix avant même que la première pierre ne soit posée.
Le DG de Bpifrance avait dit, après Ynsect : “On y a cru, on a voulu y croire.” Pierre-Emmanuel Martin, fondateur de Carbon, s’est exprimé plus clairement après l’abandon : “Il faut un cadre réglementaire stable qui garantisse que notre production française ne sera pas écrasée par la production asiatique low cost.” Il le savait. Il a investi quand même — en pariant sur la décision politique. Ce pari a été perdu.
La question n’est pas de savoir si la France doit soutenir la réindustrialisation. Elle est de savoir si le modèle actuel — subventionner le projet avant de sécuriser le marché — est le bon ordre des étapes.
Sources
Carbon, communiqué LinkedIn, 19 mai 2026 — annonce d’abandon du projet —
https://carbon-solar.com
Carbon / pv-magazine.fr, mars 2023 — annonce du choix de Fos-sur-Mer — https://www.pv-magazine.fr/2023/03/03/carbon-choisit-fos-sur-mer-pour-limplantation-de-sa-gigafactory-de-plaquettes-cellules-et-modules-solaires/
Carbon / carbon-solar.com, juin 2023 — investissement CMA CGM Fonds PULSE — https://carbon-solar.com/carbonnews/le-fonds-energies-de-cma-cgm-investit-dans-carbon/
CNDP, dossier de concertation Carbon Fos-sur-Mer (PDF) — présentation des quatre fondateurs — https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2023-08/CARBON-Dossier-de-concertation-WEB64.pdf
Mag2Lyon — interview Pierre-Emmanuel Martin, genèse du projet à quatre fondateurs — https://www.mag2lyon.fr/carbon-une-initiative-lyonnaise/
Carbon, communiqué permis de construire — https://carbon-solar.com/wp-content/uploads/2025/04/CP-CARBON-obtient-le-permis-de-construire-de-sa-Gigausine.pdf
Journal des Entreprises, décembre 2024 — structure de financement Carbon — https://www.lejournaldesentreprises.com/article/carbon-casino-verkor-orano-ces-investissements-qui-marqueront-lannee-2025-en-auvergne-rhone-alpes-2108787
100-transitions.fr, 21 mai 2026 — 250 millions sécurisés sur 400 visés — https://www.100-transitions.fr/instantanes/64401-photovoltaique-carbon-abandonne-son-projet-de-gigafactory-faute-de-marche-europeen-protege.html
Lyon Décideurs, juillet 2024 — deux banques d’affaires, levée de fonds privée non bouclée — https://lyondecideurs.com/2024/05/actu/panneaux-solaires-ca-chauffe-entre-les-actionnaires-chez-carbon/
L’Écho du Solaire, avril 2025 — levée citoyenne Enerfip 3 millions d’euros, 2 393 souscripteurs — https://www.lechodusolaire.fr/carbon-reussit-une-levee-de-fonds-citoyenne-de-3-millions-deuros/
Enerfip, point de situation projet Carbon — https://www.enerfip.eu/fr/actualites/point-de-situation-sur-le-projet-carbon
Enerfip, lexique obligations — https://www.enerfip.eu/fr/lexique/obligation
Benlaw Avocats, droits des obligataires en procédure collective — https://www.benlaw-avocats.fr/article/droits-creanciers-obligataires-procedure-collective
Les Échos, mai 2026 — investisseurs particuliers et obligations vertes — https://www.lesechos.fr/finance-marches/verdeco/enerfip-les-investisseurs-particuliers-pieges-par-les-obligations-vertes-2043891
Maritima.fr, 19 mai 2026 — abandon officiel, emplois perdus — https://maritima.fr/actualites/economie/fos-sur-mer/13354/fos-sur-mer-le-projet-geant-de-giga-usine-carbon-officiellement-abandonne-plus-de-3-000-emplois-directs-senvolent
Mac4ever, 22 mai 2026 — liquidation judiciaire 13 mai 2026 — https://www.mac4ever.com/ecotech/196290-carbon-enterre-son-projet-de-giga-usine-solaire-a-fos-sur-mer
Institut Thomas More, février 2026 — 98 % des panneaux importés en Europe sont chinois — https://institut-thomas-more.org/2026/02/09/aujourdhui-98-des-panneaux-photovoltaiques-importes-en-europe-sont-chinois/
Euronews, 17 mai 2026 — AIE : la Chine contrôle 80 % de chaque étape de fabrication — https://fr.euronews.com/2026/05/17/vers-une-flambee-des-prix-des-panneaux-solaires-pourquoi-investir-des-maintenant
Économie Matin, février 2025 — 235 GW exportés par la Chine en 2024, 40 % vers l’Europe — https://www.economiematin.fr/panneaux-solaires-chine-exportation-monde-2024
CiviSol, 2024 — surproduction chinoise, droits de douane US et redirection vers l’Europe — https://www.civisol.fr/actualites-photovoltaique.html/349_Evolution-du-prix-des-panneaux-solaires-2024-
Décideurs Magazine, entretien Pierre-Emmanuel Martin, janvier 2026 — https://www.decideurs-magazine.com/immobilier-public-environnement/63413-pierre-emmanuel-martin-carbon-si-la-france-veut-reconstruire-des-verticales-industrielles-elle-doit-miser-sur-l-electricite.html
HoloSolis, site officiel —
https://www.holosolis.com
Lorraine : retard, emplois… On fait le point — https://actu.fr/grand-est/hambach_57289/lorraine-retard-emplois-on-fait-le-point-sur-la-plus-grande-usine-de-panneaux-solaires-d-europe_62164518.html
Républicain Lorrain, novembre 2025 — HoloSolis lève 220 millions d’euros — https://www.republicain-lorrain.fr/economie/2025/11/17/holosolis-accueille-deux-nouveaux-investisseurs
Usine Nouvelle, novembre 2025 — HoloSolis financement — https://www.usinenouvelle.com/article/holosolis-leve-220-millions-d-euros-pour-son-usine-de-panneaux-solaires-en-moselle.N2298765
Région Grand Est — HoloSolis Hambach — https://www.grandest.fr/actualites/holosolis-une-usine-de-panneaux-solaires-en-moselle
André Francis / EV60 — “Made in France : ce que l’étiquette cache vraiment sur la souveraineté industrielle française” — https://ev60.substack.com/p/made-in-france-ce-que-letiquette
André Francis / EV60 — “Ynsect : 148 millions d’euros publics engloutis pour un produit que personne ne voulait acheter” — https://ev60.substack.com/p/ynsect-148-millions-deuros-publics
À retenir
Carbon avait la technologie, les autorisations et la demande de marché. Ce qui manquait : une garantie politique européenne que les panneaux chinois, subventionnés par l’État chinois, ne viendraient pas écraser les prix avant même la mise en service. Cette condition n’a jamais été sécurisée avant l’engagement des fonds.
250 millions d’euros de subventions publiques ont été engagés sur un projet dont la viabilité dépendait entièrement d’une décision de politique commerciale européenne non encore prise. Les 2 393 investisseurs citoyens qui avaient souscrit des obligations à 8,5 % via Enerfip sont en perte sèche.
Le pattern se répète : Ynsect a financé une réponse à une demande inexistante. Seqens finance une reconstruction de souveraineté dont les profits reviendront à un fonds américain. Carbon a financé une réponse industrielle sans sécuriser le terrain réglementaire. Dans les trois cas, l’argent public a suivi le récit, pas l’analyse de risque.
Pour aller plus loin
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— André Francis
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