Made in France : ce que l'étiquette cache vraiment sur la souveraineté industrielle française
La désindustrialisation silencieuse : ce que “made in France” cache vraiment
L'étiquette rassure. Les données inquiètent. Entre le label vendu au consommateur et la perte réelle de contrôle sur les chaînes de valeur, voici ce que les médias ne racontent pas.

“Fabriqué en France” est devenu l’un des arguments marketing les plus rentables de la dernière décennie. Pendant ce temps, les chaînes de sous-traitance qui fabriquent les composants essentiels de ces mêmes produits continuent de migrer vers l’Asie du Sud-Est, l’Europe de l’Est et le Maghreb. L’étiquette rassure le consommateur. Elle masque une réalité plus froide : la France a perdu, en cinquante ans, la maîtrise opérationnelle d’une fraction croissante de ce qu’elle prétend fabriquer. La question n’est pas de savoir si le label est frauduleux. Elle est de comprendre ce qu’il révèle — et ce qu’il dissimule — sur l’état réel de la souveraineté industrielle française.
Point de départ
La crise sanitaire de 2020 a servi de révélateur brutal. En quelques semaines, la France s’est trouvée incapable de produire des masques chirurgicaux, des surblouses, et des principes actifs pharmaceutiques de base. Le paracétamol — molécule centenaire, sans brevet, produite à l’échelle industrielle depuis des décennies — manquait dans les pharmacies françaises parce que 80 % des principes actifs des médicaments vendus en France étaient alors produits en Chine et en Inde. Ce chiffre n’est pas apparu avec le Covid. Il était documenté bien avant. Il n’avait simplement pas attiré l’attention des médias grand public.
Ce moment a ouvert un débat sur la “souveraineté industrielle” qui n’a, depuis, jamais vraiment été tranché. Il a aussi coïncidé avec une montée en puissance commerciale du label “made in France”, porté à la fois par des marques opportunistes, des politiques en quête de narrative économique, et une demande consommateur réelle. Ces deux dynamiques — le discours sur la relocalisation et l’exploitation marketing de l’origine — se sont développées en parallèle, sans jamais se confronter sérieusement.
Ce que racontent les médias
Le traitement médiatique dominant du “made in France” se structure autour de trois registres récurrents.
Le premier est le registre patriotique-consumériste : “acheter français crée des emplois”, “les Français prêts à payer plus cher pour soutenir l’industrie nationale”. Ces formulations, reprises de sondages commandités par des chambres de commerce ou des fédérations professionnelles, circulent sans que leurs commanditaires soient systématiquement signalés.
Le second est le registre de la success story : couvertures de magazines économiques sur des marques ayant “relocalisé” leur production, portraits d’entrepreneurs qui “ont choisi la France”. Le Slip Français, Armor Lux, Opinel, Bonne Gueule — ces noms reviennent en boucle dans un corpus médiatique qui tourne sur un stock limité d’exemples positifs.
Le troisième est le registre de la vigilance ponctuelle : à chaque pénurie (paracétamol en janvier 2023, amoxicilline en 2022), les médias ouvrent le dossier de la dépendance industrielle, le traitent comme un fait nouveau, puis le referment une fois la tension retombée. La discontinuité est structurelle : les mêmes constats sont redécouverts à chaque crise sans jamais s’intégrer dans un récit de fond.
Le cadrage
Le vocabulaire dominant autour du “made in France” repose sur un glissement sémantique rarement explicité. Le terme “fabriqué” induit une image de production intégrale — matières premières, transformation, assemblage, finition — réalisée sur le territoire national. Ce n’est pas ce que dit la réglementation.
Juridiquement, la mention “Fabriqué en France” ou “Made in France” est encadrée par le code des douanes de l’Union européenne (règlement UE n° 952/2013) et déclinée au niveau national par la Direction générale des Douanes (DGDDI). Deux conditions suffisent : soit le produit est entièrement obtenu en France, soit il a subi en France sa “dernière transformation substantielle”. Cette dernière notion est définie produit par produit selon la nomenclature douanière.
Elle peut prendre plusieurs formes selon le type de bien : changement de code douanier, réalisation d’une opération spécifique (notamment pour le textile), respect d’un pourcentage maximal de composants non-français, ou atteinte d’un seuil minimal de valeur ajoutée nationale — fixé à 45 % pour certains produits industriels comme les véhicules ou les vélos, mais variable selon les catégories. En clair : un produit peut légalement porter l’étiquette “made in France” si la dernière opération de transformation significative a eu lieu en France, quand bien même une part majoritaire de ses composants est d’origine étrangère.
Ces critères ne sont jamais mentionnés dans les campagnes de communication ou les reportages grand public sur le “made in France”. Il n’est pas non plus obligatoire de les préciser sur l’emballage. L’apposition du marquage n’est d’ailleurs pas obligatoire pour les produits manufacturés non alimentaires — ce qui signifie que c’est une décision commerciale, pas une obligation de transparence.
Mécanismes d’influence
Plusieurs mécanismes convergent pour maintenir l’écart entre le récit et la réalité.
L’effet de répétition sélective. Les exemples médiatiquement valorisés — entreprises relocalisées, marques “100 % françaises” — occupent un espace disproportionné dans la couverture presse. Ils fonctionnent comme des représentants symboliques d’une tendance qui reste marginale en volume. Selon les données de la Fabrique de l’Industrie, la France représentait en 2015 environ 11 % de la valeur ajoutée industrielle de l’UE, au troisième rang derrière l’Allemagne (20 %) et l’Italie (13 %).
L’autorité institutionnelle. La création en 2022 du Service de l’Origine et du “Made in France” (SOMIF), implanté à Clermont-Ferrand sous l’autorité des Douanes, confère une légitimité administrative au label. Le fait que la vérification soit une procédure facultative, et que les entreprises soient libres de ne pas la solliciter, est rarement précisé dans les communications officielles.
L’activation d’une charge émotionnelle. Le label “made in France” n’est pas un indicateur neutre. Il active des représentations liées à la qualité, à l’emploi local, à la résistance à la mondialisation. L’enquête OpinionWay pour les CCI (octobre 2023) indique que 85 % des Français déclarent acheter des produits fabriqués en France. L’écart entre cette déclaration et les pratiques d’achat réelles est documenté, mais peu discuté.
La structure narrative de la pénurie. Chaque crise d’approvisionnement génère un cycle médiatique court : alerte, indignation, annonce d’un plan de relocalisation par un membre du gouvernement, retour au calme. Ce cycle ne produit pas de mémoire collective sur les causes structurelles. Il produit de la répétition. Selon le rapport sénatorial sur les pénuries de médicaments (2023), le nombre de signalements de ruptures d’approvisionnement en France a été multiplié par trente en dix ans. Ce chiffre n’a pas modifié en profondeur le traitement médiatique du dossier pharmaceutique.
Ce que montrent les faits
Le recul industriel est mesurable et profond.
La part de l’industrie dans le PIB français est passée de 17 % à 11 % entre 1995 et 2017. En remontant plus loin, l’industrie représentait encore 24 % du PIB en 1980. Fin 2024, selon l’INSEE, la valeur ajoutée brute dans l’industrie manufacturière représentait 10,4 % de la valeur ajoutée totale. Entre 1970 et 2020, la France est le pays européen qui s’est le plus désindustrialisé, avec une perte estimée à 2,5 millions d’emplois industriels depuis 1974.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2830197
Le label “made in France” ne garantit pas la maîtrise de la chaîne de valeur.
La réglementation douanière autorise qu’un produit portant le marquage “Fabriqué en France” intègre jusqu’à 55 % de composants d’origine étrangère, sous réserve que la dernière transformation substantielle ait eu lieu sur le territoire national. Le label Origine France Garantie (OFG), plus exigeant — il impose qu’au moins 50 % de la valeur ajoutée soit française et un audit annuel par un organisme tiers accrédité (Bureau Veritas, AFNOR) — reste une démarche volontaire et minoritaire. La mention générique “made in France” ne l’implique pas.
La dépendance pharmaceutique illustre le coût concret.
En 2023, la France dépendait encore de l’Inde et de la Chine pour plus de 80 % des matières premières entrant dans la fabrication de ses médicaments. Moins de 40 % des médicaments étaient fabriqués en Europe. Cette dépendance n’est pas nouvelle : selon l’Académie de pharmacie, la part des matières actives pharmaceutiques fabriquées hors Union européenne est passée d’environ 20 % dans les années 1990 à entre 60 % et 80 % aujourd’hui.
La pénurie de paracétamol de janvier 2023 — qui a conduit le gouvernement à suspendre la vente de ce médicament sur internet — est la conséquence directe de cette concentration : la suspension des exportations chinoises lors de la vague Covid de fin 2022 a suffi à provoquer des ruptures de stock en France, dans un contexte où les médicaments “basiques” comme le paracétamol et l’amoxicilline avaient été sous-traités aux pays asiatiques depuis trente ans.
La balance commerciale confirme le décrochage.
Depuis 2004, la balance commerciale de la France reste durablement en déficit. En 2024, ce déficit commercial des biens atteignait -81 milliards d’euros. Il est particulièrement marqué vis-à-vis de la Chine, avec -40,8 milliards d’euros en 2023. Ces chiffres (Direction générale des Douanes) coexistent avec le discours public sur la réindustrialisation.
Les annonces de relocalisation sont partielles, lentes, et structurellement fragiles.
Le projet Seqens, régulièrement cité comme symbole de la reconquête de la souveraineté pharmaceutique française, porte sur la production du principe actif du paracétamol en Isère. Il bénéficie d’environ 40 millions d’euros d’aides publiques (France Relance, État) et d’engagements d’achat à long terme de Sanofi et UPSA. Au printemps 2026, l’usine n’est toujours pas en production commerciale : la dernière communication de Seqens (décembre 2025) évoque une “future unité de production” qui “progresse”, sans annonce de démarrage industriel.
Ce cas illustre une tension structurelle rarement nommée : Seqens est détenu majoritairement par SK Capital, fonds d’investissement américain, aux côtés d’actionnaires français (Bpifrance, Ardian, Mérieux, Nov Santé).
L’État subventionne la construction de l’outil industriel et sécurise la demande — mais les profits de l’usine, une fois opérationnelle, remontent à un acteur privé sous contrôle étranger. Si les aides publiques s’arrêtent, si les engagements d’achat sont renégociés, ou si la rentabilité n’est pas au rendez-vous, SK Capital peut arbitrer autrement — restructurer, revendre ou réorienter les volumes vers des sites asiatiques moins coûteux.
La “souveraineté” ainsi construite est conditionnelle : elle repose sur la convergence d’intérêts entre l’État et un fonds dont la logique est celle du retour sur investissement, pas de la sécurité d’approvisionnement nationale.
Plus globalement, entre 2023 et 2024, le volume de projets d’investissements industriels en France a reculé de 10 % selon le baromètre Trendeo, et le solde net d’ouvertures d’usines est devenu négatif pour la première fois depuis 2019, à -15.
L’écart
La distorsion entre le récit dominant et la réalité documentée n’est pas de l’ordre de la fraude généralisée. Elle procède de trois mécanismes combinés.
La sélection par l’exemplarité. Les médias traitent les cas de relocalisation comme des indicateurs de tendance. Ils ne le sont pas. Ils sont des exceptions visibles dans un paysage où le mouvement de fond reste orienté vers l’externalisation des fonctions à faible valeur ajoutée hors du territoire.
L’ambiguïté réglementaire utilisée comme ressource commerciale. La réglementation douanière sur l’origine n’est pas frauduleuse en elle-même : elle répond à une logique commerciale internationale (celle des règles d’origine non préférentielle de l’OMC). Mais son utilisation à des fins de positionnement marketing, sans que ses limites soient explicitées au consommateur, crée un écart entre la promesse implicite du label et sa portée réelle.
L’absence de mémoire collective sur la dépendance structurelle. Les pénuries successives — paracétamol, amoxicilline, semi-conducteurs, masques — sont traitées comme des accidents conjoncturels, pas comme les symptômes d’une vulnérabilité construite sur plusieurs décennies de décisions d’externalisation.
Effets sur la perception
Le label “made in France”, dans son usage marketing dominant, active deux biais cognitifs bien documentés.
Le premier est l’heuristique d’origine : le consommateur utilise le pays de fabrication comme proxy de qualité et d’éthique, sans disposer des informations nécessaires pour évaluer la profondeur réelle de la fabrication locale. Cette heuristique est renforcée par la distinction visuelle du label (drapeau tricolore, charte graphique officielle de France Industrie) qui mime les codes d’une certification sans en avoir la rigueur.
Le second est le biais de disponibilité : les exemples de marques “made in France” vertueux sont surreprésentés dans l’espace médiatique, ce qui conduit à surestimer l’ampleur du mouvement de relocalisation. Le fait que l’industrie manufacturière représente aujourd’hui 10,4 % de la valeur ajoutée totale française — contre 25 % en 1961 — n’est pas intégré dans la représentation spontanée que le public a de l’”industrie française”.
Ces deux effets convergent pour produire une perception de résilience industrielle qui ne correspond pas à l’état mesuré des capacités productives nationales. Ils rendent plus difficile, en retour, le débat public sur les arbitrages nécessaires : coûts de production, délais réglementaires, compétitivité des sites industriels, politique d’achat public.
Mise en perspective
La France n’est pas un cas isolé. La désindustrialisation est un phénomène partagé par l’ensemble des économies développées depuis les années 1970. Mais l’ampleur relative est notable : la France est aujourd’hui l’un des grands pays européens dont l’industrie a le plus régressé en termes relatifs, seul le Royaume-Uni ayant connu une désindustrialisation plus profonde. L’Allemagne, à titre de comparaison, maintenait en 2016 une part de l’industrie dans le PIB à 22,6 %, soit un niveau quasiment stable depuis 2000 (23,2 %). Cette différence de trajectoire n’est pas le fruit d’une loi économique inévitable : elle reflète des choix de politique industrielle, de fiscalité, de formation, et de gouvernance d’entreprise.
Le précédent britannique est instructif à d’autres égards. Le Royaume-Uni a connu une désindustrialisation accélérée dans les années 1980, portée par une doctrine économique explicite (Thatcher). La restructuration a généré des gains de productivité dans les services financiers, mais a laissé des zones entières de l’ancien tissu manufacturier sans alternative économique viable. La question posée à la France aujourd’hui est différente : elle ne porte pas sur un choix idéologique tranché, mais sur un glissement progressif, peu visible, dont les coûts ne se matérialisent que lors de crises — sanitaires, géopolitiques, logistiques.
Sur la question pharmaceutique, le cas de l’Irlande est éclairant par contraste. Entre 2017 et 2022, 97 des 508 médicaments autorisés en Europe ont été fabriqués en Irlande, contre 48 seulement en France, pour une économie de taille bien inférieure. L’Irlande a fait le choix, depuis les années 1990, d’attirer les grands groupes pharmaceutiques via une fiscalité favorable et une politique d’implantation stable. Résultat : elle est devenue l’un des principaux exportateurs mondiaux de médicaments. La France, de son côté, a vu sa part dans les exportations de médicaments en zone euro passer de 20,3 % en 2001 à 7,8 % en 2023, soit une perte de 12,5 points en vingt ans.
Conclusion
Le “made in France” n’est pas un mensonge. C’est une vérité partielle, exploitée dans un cadre réglementaire qui autorise une ambiguïté suffisante pour la rendre commercialement efficace. Le label signale une étape de fabrication locale, pas une maîtrise de la chaîne de valeur. Entre les deux, il y a précisément ce que le débat public n’aborde pas : qui détient les équipements, qui contrôle les approvisionnements en composants critiques, qui possède le savoir-faire de fabrication des principes actifs.
La désindustrialisation française s’est construite sur cinquante ans de décisions individuelles rationnelles — entreprises cherchant à réduire leurs coûts, politiques publiques favorisant la tertiarisation, consommateurs arbitrant sur les prix — sans que leurs effets cumulatifs sur la capacité productive nationale soient évalués en temps réel. Les crises (Covid, pénuries de médicaments, tensions logistiques post-2021) en ont rendu les coûts visibles. Mais la fenêtre d’attention s’est refermée à chaque fois avant que les mécanismes de fond ne soient reconstitués.
La question structurante n’est pas “est-ce que la France fabrique encore ?” Elle est “à quel niveau de la chaîne de valeur la France contrôle-t-elle ce qu’elle prétend fabriquer ?” Ces deux questions n’ont pas les mêmes réponses, et leur confusion est précisément ce que le marketing de l’origine entretient.
SOURCES
INSEE, Valeur ajoutée par branche, données annuelles 1949–2024, mai 2025 — https://www.insee.fr/fr/statistiques/2830197
INSEE, Comptes de la nation 2024 — part de l’industrie dans le PIB (13,7 % global ; 10,4 % pour le seul manufacturier au T4 2024) — https://www.insee.fr/fr/statistiques/8574058
INSEE / Demmou (DG Trésor), Le recul de l’emploi industriel en France entre 1980 et 2007, Économie et Statistique n° 438-440, 2010 — 2,5 millions d’emplois perdus depuis 1974 — https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/1377172/ES438R.pdf
Direction générale des Entreprises (DGE), Les Thémas, n° 20, mai 2024 — réindustrialisation et indicateurs — https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/Publications/2024/themas/2024-themas-dge-n20.pdf
Sénat, rapport Faire gagner la France dans la compétition industrielle mondiale, tome II, n° 551, juin 2018 — https://www.senat.fr/rap/r17-551/r17-5510.html
Sénat, rapport de la commission d’enquête sur les pénuries de médicaments, n° 828, juillet 2023 — multiplication par 30 des signalements de ruptures en dix ans — https://www.senat.fr/rap/r22-828-1/r22-828-1_mono.html
ANSM, données publiques ruptures d’approvisionnement (2014–2024) — https://data.ansm.sante.fr/ruptures
Direction générale du Trésor, Le recul de l’emploi industriel en France entre 1980 et 2007, 2010 — https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/50f45782-5ca3-48d8-9d3f-7ed56cb226c0/files/05293e57-461f-4850-89ec-db7093a236d6
Direction générale des Douanes (DGDDI), Résultats du commerce extérieur de la France 2023, février 2024 — https://www.douane.gouv.fr/actualites/resultats-du-commerce-exterieur-de-la-france-pour-lannee-2023
Fondation IFRAP, rapport n° 265, mars 2025 — déficit commercial et parts de marché pharmaceutiques (données Leem/Rexecode) — https://www.ifrap.org/sites/default/files/documents/2025-04/ifrap265.pdf
Leem, La place de la France dans la production de médicaments (données EMA/EPAR 2017-2022) — https://www.leem.org/la-place-de-la-france-dans-la-production-de-medicaments
EURACTIV.fr, Pénurie de médicaments : la France pousse pour une réponse européenne, janvier 2023 — https://www.euractiv.fr/section/sante-modes-de-vie/news/penurie-de-medicaments-la-france-pousse-pour-une-reponse-europeenne/
Code des douanes de l’Union, Règlement UE n° 952/2013, articles 59-60 — règles d’origine non préférentielle — https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32013R0952
Gouvernement français / Economie.gouv.fr, Fabriqué en France : comment utiliser ces mentions ? — https://www.economie.gouv.fr/entreprises/fabrique-france-produit-made-in-mention
Douanes françaises / SOMIF, Marquage de l’origine France — https://www.douane.gouv.fr/fiche/le-marquage-de-lorigine-france
Seqens, communication site officiel, décembre 2025 — statut du site de Roussillon (Isère) —
https://www.seqens.com
Baromètre Trendeo 2024 — solde net d’ouvertures d’usines en France —
https://www.trendeo.net
À retenir
La mention “made in France” ne signifie pas que le produit est entièrement fabriqué en France : les critères d’origine varient selon les catégories de produits (seuil de valeur ajoutée, changement de code douanier, opération spécifique) et ne sont jamais communiqués au consommateur.
La France a perdu 2,5 millions d’emplois industriels depuis 1974 et représente aujourd’hui 10,4 % de la valeur ajoutée manufacturière — au niveau de sa valeur ajoutée totale.
80 % des principes actifs pharmaceutiques consommés en France sont produits en Chine et en Inde : la pénurie de paracétamol de 2023 n’était pas un accident, mais l’expression d’une dépendance structurelle construite sur trente ans.
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— André Francis


