Faillites d’entreprises : pourquoi elles continuent en 2026
Les faillites d’entreprises restent à un niveau élevé en France en 2026. Derrière les chiffres, la réalité est plus complexe que les explications habituelles.
Les faillites d’entreprises restent à un niveau élevé en France en 2026.
Derrière les chiffres, la réalité est plus complexe que les explications habituelles.
Ni simple rattrapage, ni cause unique : beaucoup d’entreprises tombent après une accumulation de contraintes.
Comprendre ces mécanismes permet de mieux lire la situation actuelle… et d’identifier des leviers concrets.
L'analyse
Les faillites d’entreprises en France ne s’expliquent ni par une seule cause, ni par une simple “mauvaise gestion”.
Elles résultent d’un enchaînement : activité molle, marges comprimées, coûts encore élevés, retards de paiement, fiscalité/charges, accès au financement plus tendu.
La trésorerie n’est pas l’unique cause : elle est souvent le dernier maillon visible d’un déséquilibre plus large.
Le contexte
Parce que le niveau des défaillances reste très élevé début 2026 : 69 392 sur 12 mois glissants à fin février selon la Banque de France. (Banque de France)
Parce que le T1 2026 montre une nouvelle tension : 18 986 défaillances, soit +6,4 % sur un an, avec 75 350 emplois menacés selon Altares. (Altares)
Parce que le récit public reste souvent trop simple : “rattrapage post-Covid”, “charges”, ou “mauvaise gestion”, alors que le terrain est plus dur et plus composite. (Banque de France)
La problématique
Pourquoi autant d’entreprises tombent elles encore en 2026 en France, alors que l’on parle de stabilisation économique, de reprise graduelle et de réindustrialisation ?
Idées reçues
Version 1 : les faillites seraient surtout la conséquence d’entrepreneurs mal préparés
Version 2 : tout viendrait uniquement des charges, des impôts ou des normes
Version 3 : il ne s’agirait que d’un retour “normal” après les aides exceptionnelles
En réalité, les entreprises tombent souvent pour des raisons très concrètes et cumulées :
les prix ont augmenté (énergie, matières, transport)
les clients consomment moins ou arbitrent davantage
les marges sont devenues trop faibles pour absorber les chocs
les charges fixes restent élevées (salaires, loyers, cotisations)
les clients paient en retard, parfois très en retard
l’accès au crédit est plus difficile ou plus cher
certaines entreprises doivent encore rembourser leurs dettes (ex : PGE)
Les chiffres
69 392 défaillances sur 12 mois glissants à fin février 2026 (Banque de France). (Banque de France)
71 100 défaillances sur 12 mois glissants selon Altares au T1 2026. (Altares)
18 986 procédures au T1 2026, soit +6,4 % sur un an. (Altares)
75 350 emplois menacés au T1 2026. (Altares)
12 836 liquidations judiciaires directes et 5 767 redressements judiciaires au T1 2026. (Altares)
75 % des entreprises disent subir une hausse des retards de paiement, et 35 % constatent des décalages supérieurs à 15 jours. (AFDCC)
L’investissement des entreprises a marqué le pas fin 2025 et resterait atone début 2026 selon l’Insee. (Insee)
La croissance française a atteint +0,9 % en 2025, dans un contexte que l’Insee décrit comme fragilisé. (Insee)
Sources
Banque de France
Altares
Insee
AFDCC
Bpifrance Le Lab
Éventuellement CPME pour la dimension terrain sur les délais de paiement publics
Pistes d'action
Obliger les clients à payer dans les délais
→ une facture doit être réglée à temps, sinon sanction automatiqueRepérer plus tôt les entreprises qui commencent à décrocher
→ mettre en place des alertes simples avant que la situation ne devienne critiqueRéduire les charges quand l’activité baisse fortement
→ quand une entreprise vend moins, elle doit pouvoir souffler un peuDonner un accès rapide à de la trésorerie
→ permettre aux entreprises d’obtenir plus facilement une avance sur leurs facturesSimplifier les démarches administratives
→ moins de formulaires, moins de procédures, moins de temps perduStopper les changements permanents de règles
→ une entreprise doit savoir à quoi s’attendre pour pouvoir investirSoutenir les entreprises viables qui traversent un passage difficile
→ aider celles qui peuvent repartir, pas seulement les nouvelles entreprisesRedonner du souffle à la consommation
→ soutenir le pouvoir d’achat pour faire revenir les clientsMieux protéger les entreprises contre les hausses de coûts
→ agir sur l’énergie, le transport ou d’autres dépenses devenues trop lourdesMieux former les dirigeants à la gestion financière
→ mieux suivre les marges, les délais de paiement et la trésorerieTraiter les difficultés plus vite
→ quand une entreprise va mal, il faut agir rapidement au lieu d’attendre l’aggravationPermettre aux petites entreprises de se regrouper
→ achats en commun, services partagés, logistique commune pour réduire les coûtsInvestir dans ce qui rapporte vraiment
→ privilégier les outils et solutions qui améliorent concrètement l’activitéProduire en France ce qui a un intérêt réel
→ relocaliser ce qui est utile, stratégique ou rentableRedonner de la visibilité et de la stabilité
→ des décisions claires, cohérentes et compréhensibles pour restaurer la confiance
Ce n’est pas un programme politique.
C’est une synthèse de leviers concrets, basée sur ce que montrent réellement les faillites
Conclusion
Au final, les faillites ne relèvent ni d’un seul facteur, ni d’une explication simpliste.
Elles traduisent un déséquilibre progressif entre activité, coûts et trésorerie.
La question n’est donc pas seulement de créer des entreprises, mais de leur permettre de tenir dans la durée.
C’est sur ce point que se joue, concrètement, la solidité du tissu économique.
Pour aller plus loin
Cet article est le premier d’une série sur la santé des entreprises en 2026. Abonnez-vous pour ne pas rater les suivants.
— André Francis
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