
La dissimulation de communications au sein du NIAID n’est plus une simple accusation politique. Le 18 août 2026, David Morens, conseiller principal dans le bureau dirigé par Anthony Fauci de 2006 à 2022, a plaidé coupable de conspiration visant à commettre des infractions et à frauder les États-Unis.
Morens reconnaît avoir utilisé son compte Gmail personnel pour soustraire des communications officielles aux demandes formulées au titre de la loi sur la liberté d’information, la FOIA, et aux règles fédérales de conservation des archives. Le système ne concernait pas seulement quelques échanges isolés. Il portait sur des informations internes au NIH, le financement de recherches sur les coronavirus, la défense d’EcoHealth Alliance et les réponses adressées à l’administration américaine.
L’exposé des faits accepté par Morens décrit une organisation plus large. Des documents étaient préparés ou corrigés au bénéfice d’EcoHealth Alliance, puis transmis discrètement au NIAID. Certaines publications devaient soutenir l’origine naturelle du Covid-19 tout en effaçant les « empreintes » des personnes directement intéressées, afin de donner l’apparence d’un consensus scientifique indépendant. Morens reconnaît également avoir accepté du vin et des promesses de repas dans des restaurants étoilés en contrepartie de ses interventions officieuses.
Les communications remontaient jusqu’à un responsable désigné dans les documents comme « Senior NIAID Official 1 ». La fonction et la période correspondent à Anthony Fauci. Morens préparait notamment des échanges avec ce responsable et recevait des instructions pour lui transmettre des informations sans laisser de traces accessibles par la FOIA. Ces éléments établissent l’existence d’un canal officieux vers Fauci, mais pas encore que celui-ci connaissait le dispositif de dissimulation ou y participait volontairement.
L’accord judiciaire soulève désormais une autre question. Morens plaide coupable d’un seul chef, passible de cinq ans de prison. Les quatre autres chefs retenus lors de son inculpation doivent être abandonnés au moment de sa condamnation, prévue le 12 novembre. Une partie de l’accord reste placée sous scellés. Elle pourrait contenir un engagement de coopération avec les enquêteurs, comme constater qu’aucune coopération n’a été négociée.
Morens peut donc devenir le fusible idéal : celui qui reconnaît le système, assume seul la condamnation et permet d’arrêter l’affaire avant qu’elle ne remonte davantage. Mais cette lecture reste prématurée. S’il fournit des informations sur les autres participants, son plaidoyer de culpabilité pourrait au contraire ouvrir une nouvelle étape. Pour l’instant, une chose est acquise : des communications fédérales ont bien été dissimulées au public, au profit d’intérêts extérieurs, depuis le bureau chargé de conseiller Anthony Fauci.
Sources :
Accord de plaider-coupable de David Morens — Tribunal fédéral du Maryland — 18 août 2026
Exposé des faits accepté par David Morens — Tribunal fédéral du Maryland — 18 août 2026
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— André Francis
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